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Al di là  dell’uno

Anna Marziano

« Chaque personne a une forme d’amour » : cette parole entendue dans Al di là  dell’uno, quel chemin il faut aux êtres et aux sociétés pour y arriver ! Anna Marziano commence par recueillir le récit de jalousies maltraitantes puis, dans cet essai filmé, elle explore les différentes formes d’affinités possibles, y compris l’amour porté par-delà  la mort. À la manière des collages de Dijana Zoradena Elfadino qui le scandent et dans lesquels une photo découpée glisse sur une autre pour ménager un surgissement drôle ou poétique, le film tisse ensemble des témoignages colligés au gré de rencontres avec des personnes d’âges, de nationalités et de degrés de proximité avec la cinéaste différents. Au centre du canevas, celle-ci place la philosophe Hannah Arendt, qui met en garde contre l’amour romantique, son idéalisme prompt à  virer à  l’idéologie. Relation à  distance, couple, union libre, parentalité célibataire, relation queer, colocation affectueuse : la forme ouverte de Al di là  dell’uno correspond à  l’individualité humble de ces affinités. Comme le résume une femme décrivant les personnages de La Danse de Matisse : « Ils se tiennent les mains, mais ils laissent un espace ouvert pour d’éventuels nouveaux-venus. » Le film pourrait en dire autant de ses fragments et de leur tressage aéré. (Charlotte Garson)

Production :
Anna Marziano, Spectre Prod. et Joon Film

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