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Margina

Ljupcho Temelkovski
2015 Allemagne; Macédoine 82 minutes macédonien

Immersion dans l’intimité d’une famille de Macédoine, Margina n’a d’abord que son titre pour pointer un dehors. Car si les différentes générations ne sont pas forcément simples à identifier (qui est la fille du patriarche ? qui la deuxième épouse ?), la proximité physique et la propension des hommes de la maisonnée à toujours se déplacer avec un enfant dans les bras donnent tout au long du film l’impression de liens serrés, comme renforcés par l’exil de la mère. Mais le dehors de ce « dedans » familial a la banalité cinglante – et internationale – d’un alliage de mépris de classe et de racisme. « Pourquoi je laisse les Gitans cueillir mes pommes depuis deux ans, moi ? », s’esclaffe un client rigolard. D’autres, moins amènes, réclament de la famille de coupeurs de bois qu’elle vienne faire une coupe à ving-cinq kilomètres, sans prendre en compte le prix de l’essence. Petites exclusions et remarques à l’avenant tissent au cours du film une toile fine mais implacable. Rétrospectivement, on comprend ce que la première séquence peut avoir de programmatique : le moteur que père et fils tentent de réparer est celui d’une voiture-outil qui revêt une importance vitale pour cette famille. Quant à la scie circulaire, elle s’offre malgré elle en métaphore d’une impossible circulation des Roms en Europe, contraints à un retour à la case départ qui a le goût amer d’une re-marginalisation. (Charlotte Garson)

Montage :
Mechthild Barth; Ljupcho Temelkovski
Son :
Aleksandar Kovachevski
Photo :
Ljupcho Temelkovski
Production / Print source :
Ljupcho Temelkovski

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