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Western, famille et communisme

Laurent Krief

Western, famille et communisme est un film tourné en Iran par un Français avec sa famille en camping-car. La mère est photographe. Le père rêve de western. Les filles, entre jeux d’enfants et jeux d’actrices, éprouvent les possibles d’un monde à  inventer, tandis qu’au même moment en France, la nuit se lève. Alternant d’abord la clameur des manifestations parisiennes avec la parole politique de militants iraniens, le film chemine bientôt vers d’autres mondes : celui d’une communauté familiale pensée comme cellule politique primordiale, et celui d’un western fantasmé où se rejouerait l’affrontement du père et de ses filles. À ce jeu questionnant et inversant les figures d’autorité et de pouvoir, sont conviés Saint Luc aussi bien que Lacan, Rilke ou Blanqui. Progressivement resserré sur la seule communauté familiale, le voyage se poursuit par le truchement d’un montage sensible de perceptions visuelles et sonores qui composent un travelogue sans repères ni directions. À travers l’oeil du filmeur, gestes artistiques et politiques se trouvent tour à  tour mêlés et confrontés : « de la famille vers la politique » (comme le dit le cinéaste en voix off), cet essai à  rebours du film de famille comme du film de vacances joue des effets de ruptures et des échelles d’observation – de la nation à  la famille, du groupe militant à  l’individu – pour questionner les formes du politique. (Charlotte Garson)

Production :
The Kingdom

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